BOUFARIK dans la plaine de la Mitidja Ense et Aratro

-BOUFARIK dans la plaine de la Mitidja Ense et Aratro "Par l'épée et par la charrue" (devise du Maréchal Bugeaud et de Boufarik). PNHA n°38 aout-septembre 1993

------Voici plus de 40 ans que les Boufarikois ont quitté la plaine de la Mitidja. A la question, connaissez-vous Boufarik ? Rares sont ceux qui vous répondent par la négative. Les autres s'empressent d'ajouter :«Ah ! Oui, le pays du cigare »eh ! Oui.
Le cigare de Boufarik*

------Le 23 juillet 1830 fut la date du premier contact des Français avec Bou-Farik.
------Il s'agissait du Général de Bourmont à la tête d'une colonne de plus de 1500 hommes qui, partie d'Alger à 4 heures du matin, faisait un longue halte sur le puits de Bou-Farik.
------Seul vestige des présences précédentes, un vieux puits perdu au milieu d'un paysage de désolation et sous un climat détestable avec des pluies torrentielles ou une chaleur accablante alimentée par un soleil torride.
------Ce vieux puits à dôme grisâtre était situé au centre de ce qui deviendra le Grand Marché du Lundi.
------A 40 mètres au nord-est de ce puits se trouvait "le marabout" érigé au plus grand saint de l'Islam, Sidi Abd El Kader El-Djilani (Sultan des Justes et des Parfaits), quatre trembles complétaient ce tableau de désolation au milieu des marécages synonymes de fièvres ou de "MORT JAUNE".

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------Boufarik fut le premier village fondé par les Français en Terre Algérienne. Les pionniers de la Mitijda, mi-soldats mi-laboureurs délaissaient subitement les manches de la charrue pour faire le coup de feu avec les pillards, égorgeurs, les tribus hostiles ne vivant exclusivement que de razzias ! N'ayant aucune trêve à cause des fièvres, des épidémies et des restrictions ou des calamités comme les sauterelles dévastatrices, ces pionniers asséchèrent puis fertilisèrent les marais : ce cloaque qu'ils trouvèrent le 23 juillet 1830.
------Près du camp établi par les soldats fut construit une barraque en planche destinée à recueillir et à soigner les indigènes : c'était l'AMBULANCE DE BOUFARIK* (l'ancêtre des dispensaires).
------Ce camp construit par les "soldats laboureurs"
c'est le camp d'Erlon ; il est régulièrement attaqué par les tribus de la plaine et en particulier par les Hadjoutes.

------Devant les succès et la détermination des Troupes Françaises, les Hadjoutes demandent à entrer au Service de la France. Cette offre est rejetée. L'Emir Abd El Kader utilise alors leur qualité de cavalier habile et exploite la hargne d'avoir été repoussés par les Français.
------Le 27 septembre 1836 par un arrêté, le Maréchal Clauzel crée la Médina Clauzel qui deviendra plus tard Boufarik.
En 1837 seront logés 150 individus dans les 58 baraques existantes.

------1842 -"Boufarik était la localité la plus mortelle de l'Algérie. Les visages des rares habitants échappés à la fièvre pernicieuse étaient verts et bouffis. Bien que la paroisse eût changé de prêtre trois fois en un an, l'église était fermée ; le juge de paix était mort ; tout le personnel de l'administration civile et militaire avait dû être renouvelé et le chef du district, resté seul debout, avait été investi de toutes les fonctions par le décès et la maladie de tous les titulaires".

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M. Toussenel
------M. Toussenel fut le premier commissaire civil de Boufarik, il est l'auteur exquis du "Monde des Oiseaux" de " l'Esprit des Bêtes" et de "Tristia", il gardera jusqu'à sa mort une place réservée dans son coeur à Boufarik et aux Boufarikois.
------Le 11 avril 1842 eut lieu le fait héroïque du Sergent Blandan qui sacrifia sa vie pour la grandeur de la France. Il restera pour tous les Boufarikois le " Héros de Beni Mered".
------En 1843 BORELY LA SAPIE, originaire des Basses-Alpes arrive à Boufarik. Les marais reculent devant la pression des hommes, les maladies disparaissent : peste, typhus, choléra, diphtérie, malaria, cirrhose, paludisme, urticaire palustre.

------Par décret du 21 novembre 1851, Boufarik est érigée en commune. Son premier maire, BORELY LA SAPIE commencera dès 1853 la plantation des fameux platanes.
------En 1852, la ville possède 651 hectares de cultures réparties en céréales (334) et en tabac (157) plus autour 120 000 arbres. A l'exposition universelle de Paris, l'Algérie comptait plus de 500 exposants, Boufarik est à l'honneur grâce aux médailles obtenues notamment avec les cultures de coton.

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------En 1861, Boufarik dénombre 1 433 Français. Son splendide vignoble, ses orangeries, ses plantes à parfums font l'admiration de tous ceux qui la visitent. L'Histoire de Boufarik témoigne des efforts aux prix desquels ces résultats ont été obtenus. Là où avant la présence française, quelques bergers erraient à travers la brousse et les marécages, le labeur, la persévérance et l'acharnement de nos ancêtres ont accumulé une richesse convoitée. De 1866 à 1868, les calamités s'abattent sur la Mitidja et sur Boufarik en particulier.
---Les sauterelles. (Rien ne les arrête), ni les feux, ni les cloches, ni les concerts de casseroles pas plus que les youyous des fatmas. Le nuage arrive, on dirait une éclipse lorsqu'elles s'abattent. Après leur départ tout est dévasté, il ne reste que les tiges, des vestiges...C'est la désolation, la ruine.
---Le sirocco (vent chaud venant du sud) assèche les gorges et rend les nuits sans sommeil.
---La terre tremble le 2 janvier 1867 et ce sont ensuite les pluies torrentielles qui provoque le choléra et le typhus : les routes de la Mitidja sont jonchées de cadavres.
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-----En 1924, la terre tremblera à nouveau.
------En 1869 un peu de répit, Boufarik est prospère, elle a son grand marché du lundi. On y arrive de toute la plaine et des montagnes dans un bruit de sonnailles et de charrettes.
------Boufarik était alors un des plus grands marchés à
bestiaux de la région.
------En 1886, les cultures sont en progression ; 3 000
hectares sont plantés en céréales (1 329 hectares en blé) ne sont pas compris les 717 hectares cultivés par les indigènes. La vigne produit 26 000 hectolitres de vin. La culture des agrumes occupe 250 hectares et rapporte 40 000 quintaux de fruits.
------La production de vin passe à 250 000 hectolitres en 1925.
Les industries naissantes à Boufarik ont forcément un rapport avec l'agro-alimentaire et l'agriculture : coopérative d'agrumes, distillerie, dock à tabac, traitement de fruits, conditionnement pour l'expédition des produits de la terre.
------ En 1926 sont installés à Boufarik 7 830 Européens.
------Habitants de Boufarik, vous sentez l'orange, le blé, la vigne, le géranium rosat. Vos platanes sont célèbres. On ne sert plus la quinine, on boit l'anisette dans les cafés avec la "kémia", on danse sous les quinconces, une vie agréable en somme !
------Lorsqu'Amédée Froger, maire de Boufarik et Président de la Fédération des Maires de France est assassiné à l'âge de 75 ans, en plein centre d'Alger, nous sommes le 28 décembre 1956. Son assassin Baneche Ben Hamdi déclarera qu'il ignorait l'identité de sa victime (sic). Jusqu'au 5 juillet 1962, les"évènements "pertuberont la quiétude et le bien être des habitants de l'Algérie et de Boufarik.
------Encore aujourd'hui, Boufarik est un exemple de
courage, une leçon de ténacité, une superbe réalisation et un véritable gâchis.

 

Pierre Plasaules
qui comme
ORANGlNA est né à Boufarik (il n'est pas utile de la secouer pour lui décoller la pulpe du fond.)

 

*LE CIGARE DE BOUFARIK : La légende du fameux cigare de BOUFARIK"

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